BATAILLE DU 8 JUIN 1793

 

Nous sommes au coeur des guerres dites de Vendée. On les appelle ainsi alors que le plus fort de la mobilisation en hommes et la plus grande masse des paroisses insurgées étaient dans le Maine et Loire. Par ailleurs, la Vendée est le département en révolte le plus éloigné de Paris. Enfin, il est plus facile à dire Vendéens, que Maine et Loiriens par exemple…

De quoi s'agit-il ?

La révolution vient d'avoir lieu en 1789 et tous les paysans accueillent très bien en cette région les idées nouvelles. Mais, disons pour simplifier, les erreurs des nouveaux dirigeants vont être nombreuses.

  • Il y a la loi contre les prêtres et l'instauration des trutons, prêtres jurant fidélité à la république. Les hommes d'églises puis les soeurs, sont emprisonnés, voire guillotinés. Les messes sont remplacées par des fêtes républicaines.
  • Il y a la procès du roi Louis XVI, qui ne préoccupe pas le peuple, sauf lorsqu'il est décapité le 21 janvier 1793 car l'on vient alors de tuer un représentant de Dieu sur terre...
  • Et puis l'on décide d'une levée en masse de soldats (300.000 hommes) pour porter la guerre aux frontières. Notons que par rapport à la population de la France de l'époque, cela équivaut à près de 900.000 hommes aujourd'hui.
  • Les révolutionnaires déclarent une guerre intérieure aux nobles, mais bon nombre de ces animateurs de la Terreur étaient eux même de noblesse ou de haute bourgeoisie : de Garambouville, Barère de Vieuzac, de Robespierre, Biron duc de Lauzun qui commanda à Saumur, le comte Prieur Duvernoy, Le Peletier de Saint Fargeau, de Laréveillière Lépeaux, le comte de Fourcroy, le baron de Cloots, de Cambacérès, le vicomte de Barras…

Le soulèvement démarre en mars 1793. Les paysans révoltés cherchent auprès d’eux des chefs, avec un peu d’expérience de la guerre et des armes. Ils iront chercher un ensemble de petits nobles parmi lesquels : de La Rochejaquelein, de Gigost d’Elbée, de Lescure, de Marigny, Marquis de Donnissan, de Charrette, de Bonchamps, Sapinaud de la Verrie,… mais trouveront également dans leurs rangs des chefs remarquables : Stofflet, Cathelineau par exemple.

Le premier trimestre est la période d’embellie de la révolte. Les victoires font suite aux victoires. Les villes sont prises, mais cette armée n’étant faite que de paysans, ceux-ci abandonnent leur prise immédiatement et retournent dans leurs métairies s’occuper de leurs récoltes jusqu’au prochain choc…

En juin, les grandes victoires vont s’enchaîner. L’armée catholique et royale, hors les troupes de Charrette qui fit sa guerre dans son marais et eut une attitude de retrait par rapport aux autres chefs, après un succès à Doué la Fontaine arrive à Montreuil par Le Puy Notre Dame et Le Vaudelnay. Elle franchit le Thouet, à gué, en vue d’attaquer Saumur et son camp retranché. L’option est de passer par l’est de Bournand où les républicains ont installés de redoutables redoutes armées de gros canons.

La garnison de Saumur a quant à elle demandé des renforts au général SALOMON qui arrive de Niort par la route de Thouars.

Les blancs installent leur artillerie près de l’hôtel de la Boule d’Or, en haut de l’Ardenne, et après une escarmouche à Lenay, le choc a lieu dans l’après midi et se poursuit dans la nuit. Les combattants tirent sur leurs propres lignes, c’est un chaos indescriptible. Les cavaliers bleus prennent la fuite par la route de Coulon, alors que les fantassins et SALOMON après une nuit passée dans un fossé plein d’eau s’enfuient vers Thouars et ne s’arrêteront qu’à Siecq, près de Niort.

Un lieu-dit à l’est de Montreuil, après la petite champagne sur le chemin de Coulon, fait référence à cette bataille : « l’accommodement ».

Un peu plus loin sur le chemin de Coulon, le long du lieu-dit « le clos Brien», fut découvert un charnier réunissant des dépouilles de Blancs et de Bleus, unis dans la mort. Sous la révolution, on appelait aussi ce lieu « le chemin vert ». Le chemin existe toujours.

Le lendemain, les blancs prendront la ville de Saumur. (Maurice Hurtaut, un de mes oncles, a écrit sur le sujet). La prise de Saumur ouvre la porte de Tours puis Paris, mais au lieu de cela, les chefs décident de prendre Angers puis d’attaquer Nantes. Autant la victoire sera là à Angers, autant ce fut la déroute à Nantes et je pense, le début de la fin de cette contre révolution. La première guerre se terminera par un désastre en décembre 1793.

Le pays fut mis à feu et à sang par les colonnes infernales du général Turreau, à Nantes les noyades de Carrier exterminèrent tout autant que les maladies et les décapitations, dans les campagnes les tueries furent nombreuses (pour ne citer que 3 d’entre elles : les Lucs sur Boulogne, la forêt de Vezins, Chanzeaux) et les escarmouches et coup de mains regroupant alors les « vendéens » et les Chouans de Bretagne, du Maine et de la Normandie  continuèrent sporadiquement jusqu’en 1832…

 

En 2009 le lieu de la bataille et en dessous, la fosse aux morts

 

 

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